À l’heure des extrèmes droites

 

Les sondages aux dernières élections régionales ont annoncé que 7 à 8% des enseignants avaient voté pour le Front National et surtout que la progression était importante (le nombre de votants a doublé). Par le passé, l’enseignant était un adversaire des extrrêmes droites (ED). Actuellement, la stratégie a changé. Les ED compatissent aux difficultés des professeurs. Ils "comprennent" les difficultés du métier, les manques de valorisations professionnelle et sociétale, le besoin de laïcité... au travers d’associations diverses : le Collectif Racine, Égalité et Réconciliation, Riposte laïque , SOS Éducation.

Pour se développer, les ED mettent en avant le désengagement de l’État, le déclin de l’autorité, l’absence de projet identifié pour l’école, les discours politiques en opposition avec les actes des gouvernements et développent le dogme républicain. En fait, les ED utilisent les mêmes discours que nous. C’est après avoir accroché les enseignants que le glissement s’opère et qu’ils affirment leurs valeurs : l’autoritarisme et non la pédagogie, les ségrégations raciales et sexistes contre le vivre ensemble, l’ordre militaire...

Ces idées s’ancrent d’autant plus dans les esprits qu’elles s’affirment par de petites remarques, au quotidien. Les gens sont désabusés et sont plus perméables à des discours qui correspondent à un réancrage de la société.

Nous avons été naïfs en pensant que notre milieu serait protégé des idées des ED. Notre action syndicale n’est pas assez offensive. Nous ne communiquons pas assez sur nos lieux de travail,, non pas en tant que personne engagée, mais en tant qu’être humain, en intelligence, au quotidien, de manière informelle.

N’oublions pas aussi que nous, les professeurs, formons les esprits des élèves actuels et que si le nombre de sympathisants des ED progresse au sein de notre profession, quelles conséquences cela aura-t-il pour les générations futures ?

Communiqué de fin de stage