Élèves sans-papiers : refusons l’inacceptable

 


Leur seul tort : être jeunes, étrangers, isolés et sans famille.

Dès janvier, le RESF et les habitants du XXe se sont manifestés pour que les jeunes sans abri soient hébergés au gymnase des Vignoles. Des lycées comme Dorian ou Marcel Deprez se sont à leur tour mobilisés. Les rassemblements se sont succédé depuis le début de l’année. Mardi 17 mai, parallèlement au Conseil de Paris s’est tenu le sixième rassemblement devant l’hôtel de ville de Paris !

En 2015 suite à la mobilisation, en particulier du lycée Hector Guimard, soixante-dix places d’accueil avaient été débloquées d’urgence. En 2016, la mairie de Paris après avoir été alertée à de multiples reprises sur les nombreuses situations de jeunes lycéens à la rue, a voté un voeu pour la création de 50 nouvelles places mais la préfecture de région bloque...

Pour le moment, la préfecture de région n’en a créé que 20. Nous sommes loin du compte !

L’Aide sociale à l’enfance met nos élèves à la rue

L’Aide sociale à l’enfance met nos élèves à la rue en ne reconnaissant pas leur minorité. Depuis un an, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) demande des tests osseux pour affirmer « la non reconnaissance de minorité » de jeunes mineurs isolés étrangers (MIE) afin de ne pas les prendre en charge.

De très nombreuses instances médicales, scientifiques ou éthiques, notamment l’Académie de médecine et le Conseil national d’éthique, ont exprimé leur opposition à la pratique des tests osseux, qui ne sont pas fiables et ne permettent pas de déterminer l’âge d’un individu. L’Appel publié dans Le Monde du 17 janvier 2015 « Mineurs isolés étrangers : proscrire les tests d’âge osseux » a recueilli, en vain, des milliers de signatures.

Ces tests osseux privent de la protection de l’Aide sociale à l’enfance nos élèves mineurs isolés étrangers car ils sont considérés comme majeurs par l’ASE. Majeurs pour l’ASE, ils sont mineurs pour l’état civil ; par conséquent, exclus des dispositifs d’hébergement et d’aide réservés aux majeurs. Ces lycéens sont donc condamnés à survivre dans la rue. Ils n’ont aucun revenu leur permettant de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires (nourriture, logement, hygiène...) alors qu’il s’agit d’adolescents mineurs scolarisés à Paris ou ailleurs. Malgré cela, ils étudient et ne se laissent pas décourager. Ils veulent vivre et travailler ici ! Aidons-les.


Voir en ligne : Pour en savoir plus « Un temps de pauchon » (sur le site de France Inter)